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Publié le 21/04/2020

Comment parler aux enfants de la situation actuelle ?

Virginie Bezard-Larrieu, psychologue de l’école des parents et des éducateurs vous apporte des réponses. 

Pour toutes les familles de la Communauté de communes Sèvre et Loire, l’école des parents et des éducateurs propose des rendez-vous téléphoniques pendant la période de confinement.

Votre enfant vous questionne sur le covid-19 ? Vous vous demandez ce qu’il faut partager avec lui !

Des réponses vous sont apportées par Virginie Bezard-Larrieu, psychologue sur le territoire de la Communauté de communes Sèvre & Loire au sein de l’association « l’école des parents et des éducateurs ».

Face à cette pandémie et aux mesures de confinement qui sont prises, que dois-je dire à mon enfant ?

« Peut-être qu’avant de “dire”… je proposerais de demander aux enfants ce qu’ils comprennent de cette situation inédite » nous répond Virginie Bezard-Larrieu. Pour cela, elle nous présente un document sur lequel nous appuyer pour aborder de façon ludique cette maladie avec les enfants : « Allo ! Je suis un virus »  de Manuela Molina Cruz.

« Allo, je suis un virus »

« Il faut accepter ses limites en tant que parent, nous ne sommes pas enseignant, éducateur, sportif, professeur de chant, chef cuisinier ». Nous ne savons pas répondre à tout et nous ne savons pas tout faire.


Faut-il parler aux enfants de notre inquiétude ?

« Ce que ressent le parent, l’enfant l’éprouve également mais le comprendre c’est autre chose ! Cette période de confinement, pour beaucoup, provoque de l’inquiétude pour soi, pour ses enfants, pour ses proches. Selon l’âge, l’enfant va plus ou moins le comprendre, en tout cas, cela va l’affecter dans son ressenti ».

Alors faut-il en parler ? Il n’y a certes pas de règle générale.  Pour certains enfants, l’anxiété s’apaisera s’ils comprennent d’où vient l’inquiétude, “qu’est-ce qu’un virus ?” ” Pourquoi et pour qui cela est dangereux ?”

Pour d’autres, il n’est pas utile de trop expliquer, mieux vaut les préserver. En tant que parent, éducateur, la question à se poser serait plutôt : “Qu’a-t’il besoin d’entendre afin d’être rassuré ?

Rien ne sert de faire de long discours mais plutôt attendre les questions qui viendront des enfants. Chez certains d’entre eux et selon les âges, les émotions, les inquiétudes peuvent se traduire à travers les jeux, les dessins, les textes. En partageant des moments de vie avec eux, vous vous tenez disponibles pour les soutenir.

« Aussi, pour ne pas renforcer l’inquiétude de l’enfant, il est important de le préserver d’une exposition trop importante aux journaux télévisés. Pour rappel : pas de journal télévisé avant 13 ans ! Il existe une multitude de sites d’actualités adaptés à chaque âge si besoin ».


Que dire si mon enfant parle de la mort ?

« Cette question se relie à celle de l’inquiétude. Elle est inhérente au monde de l’enfance… et de l’adulte ». Il faut comprendre ici que même sans l’apparition du coronavirus, l’enfant aurait un jour certainement posé cette question. « L’enfant y est déjà confronté et le confinement lié au virus risque de réactiver voire renforcer chez certains la peur de la perte, de la mort ».

“Nous ne nous protégeons pas tous de la même manière face aux peurs et notamment face à la peur de la mort. Certains parents peuvent utiliser des livres et s’appuyer sur des sites internet s’adressant aux enfants, surtout quand cela est difficile d’en parler pour eux. Encore une fois, selon moi, le principal est de faire parler l’enfant.” Faire parler l’enfant va permettre de l’écouter dans ce qu’il vit et ce qu’il ressent. En tant que parent, nous ne savons pas répondre à tout en revanche, nous pouvons échanger avec lui et ouvrir une discussion : “Voilà ce que moi je pense de la mort… Et toi ? Tu penses qu’il se passe quoi ? C’est comment ?”. Virginie Bezard-Larrieu ajoute « Peut-être est-il important ne pas chercher à lui donner une réponse mais lui laisser le temps d’y penser, de construire sa propre idée ».


Pour finir Virginie, puis-je continuer à prendre mon enfant dans les bras ?

« En dehors de situations particulières liées à des recommandations médicales (parents ou enfant malades…), il apparaît primordial de maintenir le lien affectif, notamment par des gestes de tendresse. Auprès des plus petits, les câlins rassurent, permettent de se construire et sécurisent. Alors pour répondre simplement, je dirai oui ! »

Merci Virginie pour vos réponses à nos questions !

EPE : mise en place d’écoute téléphoniques

L’Ecole des parents et des Éducateurs continue ses permanences téléphoniques pendant la période du confinement.

Pour plus de renseignements et prendre rendez-vous, consultez les informations actualisées en suivant ce lien :

Dispositif écoute EPE pendant le confinement

Des activités pour mon enfant durant le confinement

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En Sèvre & Loire, on a des idées, vos enfants aussi !

Retrouvez notre premier tuto en sketchnote “made in Sèvre & Loire” pour que vos enfants s’épanouissent tout seul, même en cette période de confinement. Mettez le son 🙂